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Compte rendu des travaux du jeudi 26 septembre 2013

Les travaux de la journée du Jeudi débutèrent par l’animation à 8h30 jusqu’à l’arrivée de son Excellence Mgr Dieudonné NZAPALAINGA, Archevêque de Bangui, et le Vicaire général, l’Abbé Jésus Martial DEMELE. La modératrice du jour, Madame Clarisse Martial MANEHOU, après avoir donné lecture du programme des activités du jour, céda la place aux sœurs Franciscaines pour la prière des laudes.

A 9h07, le bureau du secrétariat à travers l’Abbé BAOU Bonaventure fit le compte rendu de la journée précédente. A 9h37, la parole fut donnée au Maître Bruno Hyacinthe GBIEGBA pour exposer sur le thème : « Impacts socio-politiques et économiques de la rébellion Seleka ». Il a commencé son propos en remerciant l’Eglise pour la marque de confiance placée en sa personne en lui confiant la responsabilité de présenter ce thème auquel il ajouta aussi les impacts religieux. En se basant sur une assertion de l’Archevêque « l’horreur que j’ai vue à Bohong, il faut mettre fin à l’impunité », Maître Bruno donna un bref aperçu historique des crises militaro-politiques amorcées depuis les années 1996 jusqu’à la prise du pouvoir le 24 Mars 2013 par les éléments de la coalition SELEKA qui brillent par de nombreuses exactions : meurtres, pillages, viols, profanation des églises. La rébellion SELEKA a réellement des impacts négatifs multiformes en République Centrafricaine.

  Sur le plan sociopolitique, le présentateur traita des questions de la sécurité, de la politique et des droits humains ; le tableau reste sombre : démobilisation des FACA, de la police, de la gendarmerie ; pillages des biens des non-musulmans ; violation des droits humains. La situation de l’insécurité dont est victime la population de Bossangoa où sont absentes les autorités fut évoquée. Aussi, les contingents tchadiens au sein de la FOMAC furent pointés comme un danger par l’exposant. Face aux exactions de la SELEKA, nous notons l’incompétence des autorités actuelles qui tentent sans succès une mission de désarmement ayant pour résultat le retrait de 116 armes pour 25000 éléments. La réhabilitation des FACA encore non dotées d’armes ou la réinsertion de la SELEKA dans l’armée nationale ou dans la police et la gendarmerie rend toujours précaire la situation sécuritaire.

  Le coup d’Etat du 24 Mars 2013 a entrainé la suspension de la constitution et la dissolution des institutions (sauf le pouvoir judiciaire). Sur le plan politique, nous sommes infantilisés et humiliés, déclara le Maitre Bruno. Nous sommes pris en charge par la communauté internationale.  La RCA est au bord de la somalisation c’est-à-dire qu’il n’y a plus d’Etat. L’heure est donc venue de sortir de notre torpeur, de cesser d’être la bête de somme sur le dos de laquelle est prélevé le salaire des SELEKA.

  La situation des droits humains et humanitaires est très inquiétante parce que tributaire de l’insécurité perpétrée par le pilleur, appelé à nous sécuriser. A cet effet, un adage populaire fut émis : « a pe ti mu ngasa ti tene lo bata gozho wala ngundia pepe. » Ainsi, sommes-nous des morts-vivants en vie avec tout ce que nous pouvons observer et vivre comme exactions : viol ; exécution ; enlèvement ; torture ; atteinte à la liberté d’expression et de mouvement… Parmi les impacts de la rébellion SELEKA sur le plan humanitaire, nous retenons les incendies des villages et le déplacement de plusieurs personnes sur les territoires étrangers où elles sont livrées aux aléas de la nature.

  Se prononçant sur l’économie, le présentateur mit le doigt sur le fait que la zone fortement musulmane (Km 5) non seulement qu’il n’a pas été pillé, mais sert aussi de grenier à tous les biens volés. La situation économique est précaire sauf pour les musulmans entre les mains desquels est concentrée toute la richesse du pays.  Les frais fiscaux sont payés au profit de la SELEKA.

  Parlant des impacts de la rébellion SELEKA sur l’église chrétienne, l’exposant signalait déjà qu’aucune mosquée n’a été touchée tandis que les églises sont pillées, profanées et détruites. Les symboles chrétiens sont aussi détruits. Il conclut son intervention par une série de trois questions : Quelle est notre responsabilité en tant que chrétiens dans cette crise ? Que pensez-vous de l’implication de l’église dans la gouvernance politique ? L’église est-elle vecteur de message de paix et de réconciliation?

Après un bref résumé fait par la modératrice du jour, la parole fut donnée aux participants pour des questions et contributions qui seront entrecoupées par l’Angélus à 12h00 et  la prière du Milieu de Jour à 12h45. Les questions fondamentales sont les suivantes :

ü  Les éléments de FOMAC sont-ils là uniquement pour la sécurisation de Bangui ? Quel est leur mandat ?

ü  Qui est le principal responsable du désastre actuel que vit le peuple centrafricain ?

ü  Quelle action pacifique faudrait-il mener ? Quelle en est la méthode ?

ü  Homme de loi que vous êtes, pourquoi l’impunité en RCA ?

ü  Pourquoi le Tchad est-il si influent en Centrafrique qu’aujourd’hui que par le passé ?

ü  Pourquoi les accords de Libreville ont-t-ils accepté la présence des éléments des Etats voisins au sein de FOMAC alors que cela n’est pas conseillé ?

  En réponse à ces questions le présentateur pointa du doigt la passivité et la complicité des Centrafricains qui, par exemple, n’avaient rien fait pour soutenir la pétition qui demande le retrait des contingents tchadiens de la FOMAC. Nous semblons être dans l’indifférence à chaque fois qu’une crise se pose, qu’elle soit politique, économique ou sociale, jusqu’à ce que le comble soit atteint, ajouta un participant. L’exposant a aussi mis à la disposition de l’assemblée le mandat de la FOMAC.

  Quant à savoir qui serait le principal responsable de la crise actuelle, même si à première vue, cela incombe à nos dirigeants politiques, l’exposant n’a pas manqué de souligner que le peuple mérite son président. Il est le fruit du choix du peuple. Il a aussi mis en lumière le paradoxe de la majorité opprimée par la minorité. Nous ne voulons pas nous battre contre les musulmans, mais nous n’acceptons pas non plus leur domination.

 Concernant la question de certains aliments qui seraient empoisonnés, Maître Bruno Hyacinthe GBEGBA répond en disant qu’aucune action sérieuse ne peut se faire à base des rumeurs. Car personne n’est encore victimes de cette rumeur  de sucre qui serait mélangé à l’acide. De toutes les façons, la prudence nous conseillerait de ne pas acheter nos produits combustibles chez eux mais malheureusement même notre commerce est tenu par les musulmans. Nous sommes des paresseux.

  Par rapport à la question de l’impunité, la justice transitionnelle n’a jamais été acceptée car nos hommes politiques sont à l’origine du drame de ce pays.

  En dernier ressort, eu égard à la question des soudes caustiques, l’Archevêque demanda des preuves objectives. Il appela aussi les chrétiens à plus de charité vis-à-vis de leurs frères en détresse. Quant à la préoccupation relative à la réduction des frais de scolarité dans les écoles catholiques, le Prélat affirmait que ces dernières sont d’ores et déjà confrontées à des réelles difficultés pécuniaires. Face à  la crise actuelle, l’église initie les microcrédits dans certaines paroisses de l’Archidiocèse.

A 15h30, la prière des vêpres animée par les sœurs de Saint Joseph de Turin mit un terme aux travaux de ce jour.

Le secrétariat !

À propos de peredieub

Prêtre de l'Eglise Catholique Romaine depuis le 27 septembre 2009, je travaille actuellement comme vicaire à la Cathédrale Notre Dame de l'Immaculée Conception de Bangui en République Centrafricaine, Aumônier de la Jeunesse Etudiante Chrétienne (JEC) et aumônier du Sanctuaire Marial de Ngukomba.

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